Danièle MOUSSA

Danièle MOUSSA

« Quand tu souffres, aime plus fort »

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Situation de famille:
Née le 1er Janvier 1943 à Saint Denis de la Réunion
Veuve, trois enfants, six petits-enfants.

Situation sociale:
Institutrice Spécialisée (Déficients Intellectuels)
Retraitée depuis 1990

Temps libre :
Association humanitaire (Fondation Abbé Pierre)
Visite aux personnes âgées dans les Centres de Retraite)
Membre du G .D .I .R (Groupe de Dialogue inter- religieux)
Groupe de Paroles Solèy dann Kèr… Partage

ENTREE EN ECRITURE 1998

KASPA MON SIEL
Recueil de Poèmes Editions UDIR 1998

AKOZ AKOZ
Recueil de poèmes Editions UDIR 2000

LETTRE à MOUNA
Récit de Vie
Editions UDIR 2005

RAVNAL MON FANAL
(Récit de Vie)
Editions UDIR septembre 2009

PUBLICATIONS EN RECUEILS COLLECTIFS

-POSTESIE Lauréate du concours organisé par la Poste Paris- Ouest)
-LE JOURNAL DE LA PAIX Ministère de la Jeunesse et des Sports
Editions Pitons des Neiges Année 2000
-POEMES D’ELLES Editions UDIR
-VERS D’AUTRES ILES «
-LES ILES REBELLES «
-POEMES POUR LE MILLENAIRE «
-CONTEURS ET SLAMEURS «
– Poèmes pour Haïti 2010

CONCOURS LITTERAIRES:

Académie du VAR (2ème accessit en Poésie)
Association du Pays d’ OLMES
LE FRANÇAIS COMME ON L’AIME : Diplôme
CONCOURS Christian Vidal: Diplôme pour un Recueil de Poèmes

PRESENCE aux Salons du Livre à Paris et aux Salons de la Jeunesse (Réunion)

INTERVENTIONS
Collèges
Lycées
Ecoles Primaires
Université de la Réunion
Médiathèques (rencontres avec le public)
Centre Pénitentiaire de la Ville du Port

-Formation pour adultes en difficulté (Saint-Benoît)
-Formation pour Educateurs Spécialisés (IRTS de Saint-Benoît)

POESIE ET CALLIGRAPHIE

-Stage de poésie pour professeurs de collèges et lycées. (Médiathèque du Port)
-Marraine du Projet Concours de Poésie de l’ONF: Printemps des Poètes 2011
Atelier de calligraphie et de Poésie.- Foyer Joinville juillet-Août 2011-

ATELIERS D’ECRITURE

-Atelier d’écriture au Conservatoire Régional avec les stagiaires de la Section Musique réunionnaise.

– Mai 2011: En collaboration avec les Médiathèques et Bibliothèques : Atelier d’écriture- jeunesse. Thème : La Correspondance : « Ecrire une lettre à sa mère »

– Atelier d’écriture pour des conteurs adultes en collaboration avec Henri Cazaux (Conteur venu de Métropole)
Durée: une semaine au Jardin botanique des Colimaçons.
Les contes créés seront présentés au public lors d’une séance de restitution en décembre 2011 dans un recueil«des Contes et couleurs»
Une traduction créole est envisagée pour les contes de ce recueil.

UNE REUNIONNAISE POTO MITAN

Pourquoi ce titre dévolu habituellement à l’Antillaise, celle qui s’incarne aussi bien dans les héroïnes célèbres de l’histoire et de la légende que dans celles plus obscures du quotidien, de « la vie humble aux travaux ennuyeux et faciles » dont parle le poète, les mères que nous exaltons et respectons ? Ce titre dit le rôle capital de la femme dans nos sociétés îliennes, elle qui a toujours été présente et a toujours pris une part active dans le travail de résilience de nos peuples dès leur sortie de l’esclavage et de la colonisation.
Ces femmes existent aussi à la Réunion, je les ai rencontrées. Mythiques ou réelles, ces battantes, qui savent souffrir et se redresser, qui savent lutter et se débattre contre la double aliénation du legs de l’esclavage et de la phallocratie ordinaire. Cafrines, Créoles métissées, « Zarab », Malabaraises, Chinoises, Blanches des Bas et des Hauts, elles contribuent par l’étude et le combat militant à la marche à pas forcés des îles de l’Océan Indien vers les lendemains de la liberté et de l’épanouissement de l’humain. On les retrouve partout : en milieu syndical et politique, dans les réseaux associatifs, dans le monde du travail, de l’agriculture au fonctionnariat, de l’éducation à l’entreprise. Elles consacrent leur temps et leur énergie à leur cause, leur emploi, leur vocation familiale, menant sur tous ces fronts le projet du rayonnement de leur île au monde.
Parmi elles, distinguons Madame Danièle Moussa.
Femme de lettres, militante associative, exemplaire dans sa carrière difficile d’institutrice spécialisée, elle a, dès sa retraite, choisi de se consacrer aux humbles, aux déshérités, a rejoint les équipes admirables qui s’efforcent avec peu de moyens et une grande abnégation, de soulager la détresse des SDF, des chômeurs, des mères célibataires sans ressources, de la jeunesse perdue, toute une frange de la population que nos sociétés de progrès abandonnent aux frontières de la délinquance et de la misère tant physique que morale.
Foi chrétienne chevillée au corps (et à l’âme), Danièle travaille aussi à ériger cette image de l’être humain pacifié qui refuse les clivages faciles liés aux différences politiques et religieuses. C’est la raison qui m’a poussée à parler d’elle, alors que cette année 2015, que nous avons souhaitée il ya peu, belle et bonne, est entrée _ toute jeune de deux semaines _ dans une phase de haine et de mort.
Je veux dire d’abord son mariage d’amour avec un musulman. Ce couple que la mort a tragiquement interrompu a été symbole de tolérance, de respect mutuel, d’harmonie exemplaire pas toujours comprise et acceptée. D’autre part, cette grande dame, bien connue et appréciée pour son altruisme et son dévouement, pour son sens de l’amitié, aussi attentive que fidèle, fait partie de ceux qui ne se laissent pas prendre au piège du fanatisme et de l’intolérance. Avec ses partenaires du Groupe de Dialogue Inter Religieux, elle veut prouver, avec entêtement et humilité, leurs vertus cardinales, que les religions doivent unir et non séparer. Elle est de ceux qui veulent défendre une image de la Réunion, exemple de cohabitation harmonieuse, qui font mentir le cliché d’une Réunion, escale pour touristes en mal de soleil et de farniente.
Mais laissons la parole à Danièle. La femme qu’elle nous révèle n’est pas cette nonchalante qui se berce dans un hamac, promesse de sensualité et d’insouciance à quoi on veut réduire « les filles des îles ».

Ecoutons ce propos qui révèle le courage et la ferveur d’une femme debout, d’une femme courage : en nous racontant un peu de son itinéraire spirituel, c’est un des itinéraires possibles de la femme réunionnaise que nous rapporte Danièle Moussa.

PAROLE DE DANIÈLE MOUSSA

Parler de soi est chose difficile.

A mon âge, je me regarde et je me demande : « Qui es-tu, Danièle ? Où vas-tu ? Qu’attends-tu de la vie ? »
Je suis née un 1er janvier 1943 à Saint-Denis de la Réunion. J’ai été élevée dans une famille chrétienne. Nous étions 7 enfants. Nos parents nous ont inculqué de vraies valeurs : l’amour, le respect du prochain, surtout le sens du partage…

… Quant à moi, j’ai réalisé mon rêve en devenant enseignante. J’ai consacré 28 ans de ma vie à l’éducation d’enfants inadaptés, caractériels, trisomiques.
A l’âge de 27 ans, j’ai épousé un musulman. On ne parlait pas encore de l’Inter-religieux en 1970 ; je vous laisse imaginer les difficultés auxquelles nous avons été confrontés tous les deux. L’amour étant le plus fort, nous avons opté pour un mariage mixte, ce qui nous permettait de réaliser notre amour tout en restant fidèles à nous-mêmes et aux valeurs qui nous avaient été transmises, à notre croyance, à notre façon de prier Dieu.
Nous pratiquions et vivions nos religions respectives dans la complicité et le respect. Nous passions de l’Eïd à Pâques, de Noël au Ramadan, sans problème.

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Dans le grand puzzle de ma vie, Idriss _ c’était son prénom _ était la pièce juste que Dieu avait préparée pour moi…
Jusqu’à son décès, 8 ans après notre mariage…
Je me retrouvai seule avec trois fillettes âgées respectivement de 7, 5 et 2 ans.

Ma mère me répétait qu’un croyant a le droit d’être parfois découragé, mais jamais désespéré… Ainsi, je restai accrochée à Dieu de toutes mes forces.

Bénéficiant d’une retraite anticipée en 1990, à l’âge de 47 ans, cela m’a permis d’élever mes enfants et de vivre ma foi de façon active, au service des sans-abris, comme bénévole à la Fondation Abbé Pierre.
J’ai eu le privilège de rencontrer l’Abbé Pierre lors de son passage à la Réunion. J’ai fait mienne une de ses devises : « Quand tu souffres, aime plus fort ». C’est ainsi que j’ai essayé d’aimer le plus fort possible les sans-abris pendant les huit années que j’ai passées à la Boutique Solidarité de la Fondation Abbé Pierre. C’est sans aucun doute grâce à eux que j’ai pu me remettre debout, retrouver la joie de vivre, consolider ma foi, apprendre à regarder l’Autre et à ne pas avoir les yeux fixés sur ma petite personne…

Il y a trois ans environ, j’ai découvert le Groupe de Dialogue inter-religieux et je le vis comme un berceau de tolérance, d’humilité. Ici, parmi mes frères croyants, je cherche à étancher la soif de mon âme, non pas en descendant le fleuve de ma vie mais en remontant vers la source qui mène à Dieu.

Montage et commentaires de Julienne SALVAT pour l’association Femmes au-delà des Mers

Janvier 2015

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