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Projet « Anonymes » (F93) – Les Escales de la vie de Gisèle Bourquin par la classe de 4eA d’un collège de Montreuil

Riche discussion entre une collégienne curieuse et Gisèle Bourquin

Riche discussion entre une collégienne curieuse et Gisèle Bourquin

De novembre 2018 à juin 2019, l’Association F93 a porté un projet autour de la notion d’Anonymes. Il s’agissait pour les classes concernées de reconstituer les vies passées « d’anonymes » et « questionner ainsi le rapport de l’histoire avec des individus peu ou mal connus ».

C’est dans ce sens que Mylène Mauricrace, doctorante (EHESS/CIRESC), est intervenue dans une classe de 4ème d’un collège de Montreuil avec leur professeure Véronique Servat. Pendant, neuf mois Mylène a guidé les élèves dans la notion de recherches en sciences humaines afin de retracer le parcours de vie de Gisèle Bourquin, femme des Outre-Mer. Si au départ, ce nom ne parlait pas aux élèves, c’est en se plongeant dans les textes des historiens et historiennes ainsi que dans les indices et sources de leurs « anonymes » qu’ils et elles ont pu aboutir à une ligne de vie finale.

C’est en saisissant donc la notion d’archives que les élèves se sont lancé.es dans une enquête sur leur « anonyme » afin de savoir qui était Gisèle Bourquin ? Que faisait-elle ? Son parcours a-t -il eu un impact sur la société dans laquelle ils et elles vivent aujourd’hui ?

Après s’être plongé.es dans les archives personnelles de Gisèle Bourquin, les élèves ont pu enfin rencontrer leur interlocutrice. Ce moment d’échange s’inscrivait dans une démarche de récolte d’un témoignage oral et est également ancré dans une perspective d’enquête au plus proche de l’intéressée.

Tous ces éléments ont été complétés par un travail de recherche accru à l’aide de différents supports, notamment le fonds des Archives Nationales de Pierrefitte où les élèves ont pu se rendre et être guidé.es par Gabrielle Grosclaude.

Cette ligne de vie terminée, les élèves en sortent avec une autre approche de la recherche historique mais, surtout, avec des éléments de connaissance sur les Outre-Mer qui ne sont pas des moindres.

De droite à gauche : l'enseignante Véronique Servat et la présidente de FAM Gisèle Bourquin.

De droite à gauche : l’enseignante Véronique Servat et la présidente de FAM Gisèle Bourquin.

Le texte suivant a été rédigé par Véronique Servat :

« L’histoire scolaire a ceci de frustrant qu’elle a (trop) souvent tendance, pour une multitude de mauvaises raisons (l’encyclopédisme des programmes, la difficulté à faire parfois entrer des archives et des sources dans la salle de classe par exemple), à délivrer aux élèves un récit ficelé du passé qui lisse voire dissimule les échafaudages qui permettent aux historien-nes de l’élaborer selon une démarche qui leur est propre.

Les programmes scolaires étant eux-mêmes un récit choisi du passé, ils laissent encore trop peu de place aux figures anonymes de l’histoire qui en sont pourtant des moteurs, qu’elles agissent collectivement ou individuellement. Les Outre-Mer y tiennent une place, hélas, marginale.

Le projet pédagogique Anonymes proposé par la F93 m’a séduite car j’espérais qu’il puisse me permettre de déjouer ces pièges de l’histoire scolaire, ce que je ne parviens pas toujours à faire dans mes pratiques de classe. Sous la conduite de Mylène Mauricrace, les élèves de 4èmeA sont entrés dans l’atelier des historien-nes, ils-elles ont collecté au fil de l’année différentes sources parmi lesquelles le témoignage de Gisèle Bourquin, mais aussi des archives plus techniques issues des fonds du site de Pierrefitte, afin de les confronter les unes aux autres. Ce travail les a conduit-es à contextualiser leurs documents et la trajectoire de vie de Gisèle Bourquin. Ce faisant, ils-elles ont découvert les Outre-Mer dans leur géographie – comme une escale vers le monde – dans leur épaisseur historique – comme un voyage dans le passé – dans la puissance de leurs voix – comme autant de jalons dans itinéraire intellectuel, culturel et poétique.

Avec les traces collectées, les élèves ont tenté de restituer au plus près un parcours de vie, s’emparant de différentes formes d’écriture de l’histoire. A l’appui de leurs textes et de l’iconographie qu’ils-elles ont sélectionné (de carte, de photos) ils ont donné forme à une ligne de vie produite affichée sur un des murs du premier étage du collège surplombant le hall central.

Avec ce travail, les rencontres avec Mylène Mauricrace, Gisèle Bourquin, et Matthieu Marion, qui a apporté toute sa logistique au projet, les élèves ont pleinement pris conscience, je crois, de l’impossible linéarité et fatalité de l’histoire, de la multiplicité des trajectoires, de la nécessité de l’altérité et de la culture pour être au monde. Le rayonnement et la méthodologie extraordinaires de Mylène les a conduit-es à cheminer avec appétit dans toutes les étapes du travail à mener. La présence régulière de Gisèle Bourquin à leurs côtés fut leur autre boussole. Une des sections de la ligne de vie confectionnée par les élèves s’intitule L’autre et le monde comme horizon ; cet intitulé ne déplairait ni à Glissant, ni à Césaire. Il dit assez bien ce à quoi nous nous sommes consacré-es cette année, l’enthousiasme des élèves et leur investissement dans cet horizon en ont fait une expérience pédagogique et personnelle assez unique. »

Les collégiens contemplent l’exposition.

Les collégiens contemplent l’exposition.

Matrimoine d’au-delà des Mers au Palais du Luxembourg

Le 2 décembre 2019, Femmes au-delà̀ des Mers a eu le privilège de célébrer ses 10 ans lors d’une soirée sous le haut patronage de Gérard Larcher, Président du Sénat, dans les salons de Boffrand. Lors du colloque ayant pour thème Transmission de l’héritage culturel des femmes, des femmes des Outre-mer, des personnalités politiques et culturelles ont échangé́ sous la modération, harmonieuse et documentée de Gérald Prufer.

En ouverture de soirée, Madame Annick Billon, Présidente de la Délégation Sénatoriale aux Droits des Femmes a donné́ le ton en faisant un portrait de Eugénie Éboué́-Tell, députée de la Guadeloupe et épouse du gouverneur Félix Éboué́. Suivant cette première évocation d’une femme ultramarine exceptionnelle, Madame Gisèle Bourquin, Présidente de Femmes au-delà̀ des Mers, a fait une rétrospective des principales réalisations de ces 10 dernières années.

Femmes au-delà̀ des Mers a toujours eu le souci de valoriser les savoirs des femmes des Outre-mer et leurs contributions à la société́ française. A ce stade de l’évolution de l’association, la transmission de ce matrimoine s’avère nécessaire.

Deux tables-rondes ont mis en lumière des femmes détentrices d’un héritage qui façonne l’identité́ culturelle des Outre-mer et de la France métropolitaine. Les différents domaines dans lesquels s’illustrent des ultramarines depuis des siècles ont été́ présentés à la fois dans le patrimoine privé, des femmes étant les détentrices de savoir-faire traditionnels, mais aussi dans le patrimoine public et dans des secteurs autant politiques que sociaux et culturels. Cette émergence de figures féminines occulte pourtant une longue histoire de marginalisation de ces femmes, à l’instar des sœurs Nardal, pionnières de la Négritude, mais dont seul les noms d’Aimé Césaire et de Léopold Sédar Senghor ont été́ retenus dans la naissance de ce mouvement. Il y a donc une nécessité́ impérieuse de faire connaître le rôle central et essentiel de ces figures féminines dont les travaux ont été́ ignorés ou attribués à̀ des hommes.

Comme l’a rappelé́ Maître Catherine Marceline lors de son intervention : « Si aujourd’hui nous voulons véritablement faire apparaitre ces femmes et qu’à côté́ du patrimoine, il y ait un matrimoine, c’est en faisant ce que nous faisons aujourd’hui » [cet évènement]. C’est dans cet esprit qu’avec le concours d’hommes et de femmes de tous horizons que Femmes au-delà̀ des Mers fait émerger des portraits de femmes qui ont montré́ le chemin et servent de modèles. Ainsi, ce colloque fut l’occasion de souligner l’importance de la transmission du souvenir de femmes d’exception, de leurs savoirs, de leurs gestes ancestraux et de leurs idées innovantes dans l’espoir d’honorer leur mémoire et de perpétuer leur matrimoine.

Revivez l’évènement en photos (cliquez sur les photos pour afficher le diaporama) :

La soirée a été diffusée en direct sur nos réseaux sociaux ! Revivez les 10 ans à travers plusieurs tweets et articles emblématiques !

Articles :

https://www.parlement-ecrivaines-francophones.org/matrimoine-oh-oui/

https://www.facebook.com/profile.php?id=100010238384793 https://la1ere.francetvinfo.fr/polynesie/femmes-outremer-matrimoine-777763.html https://www.facebook.com/144242872897363/posts/468406050481042?d=n&sfns=mo

Tweets :

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FAM et les Foulées de l’IDF 2019

Foulees-IDF-2019FAM était bien représentée lors des foulées de l’Ile de France, le 7 Juillet 2019 au bois de Vincennes, à l’invitation de Mr Ambrosio, président de l’association organisatrice Accolade.

Les participants aux courses à pieds de cette manifestation sportive, sont des compétiteurs de différents niveaux s’affrontant sur des parcours de longueurs variées. C’est une compétition reconnue de haut niveau et classée au sein de la fédération nationale.

25 femmes et 11 hommes arboraient le logo de FAM.

Un stand a été attribué à FAM. FAM a pu présenter ses objectifs, via la présence de ses adhérents, ainsi que par des affiches de grandes figures féminines du sport issues de l’outre -mer, des cartes de visites, de la documentation, des goodies et bien sur des fiches d’adhésion : 60 personnes au total avec lesquelles avons pu dialoguer, échanger et parler de nos perspectives.

Cette manifestation a été également l’occasion d’échanges avec d’autres associations présentes qui ont des compétences à partager avec FAM.

Gisèle Bourquin, présidente de FAM a été interviewé par l’animateur radio couvrant l’événement, ce qui lui a permis de présenter notre objectif et nos activités.

La journée, dans un lieu agréable et une température clémente, dans une ambiance conviviale, a été ponctuée de musiques antillaises et de chants traditionnels accompagnés de gros ka

Ce fut globalement une belle « foulée », nous étions satisfaites de notre participation

Célébration de Norouz durant l’assemblée générale du 22 mars 2019

NoraLe vendredi 22 mars, Femmes au-delà des mers a organisé une assemblée générale, occasion pour nous d’échanger concernant les différents projets à venir et de faire le bilan de 2018.

Nous tenons à remercier tous les membres présents ainsi que Madame Nahideh Anzalichi de nous avoir présenté Norouz, à savoir la célébration du Nouvel An et de l’arrivée du printemps en Iran lors de ce moment convivial.

Norouz vient du mot « no » signifiant « nouveau » et « rouz » en persan, signifiant « jour ». Norouz symbolise alors un « nouveau jour » où l’arrivée du printemps et du Nouvel An persique permet d’entamer en nouveau départ dans la vie. Lors de cette célébration sont installés sept objets dont le nom commence par la lettre S, ce sont « les sept S », ou « Haft Sîn ». Parmi ces sept éléments se trouvent :

  • « sabzeh», germes de blé poussant dans un plat et symbolisant la renaissance
  • « samanou», une pâte sucrée fait de blé germé et symbolisant l’abondance
  • « senjed», fruit séché du jujubier, symbolisant l’amour
  • « sîr», de l’ail représentant la médecine
  • « sîb», des pommes, signes de beauté et de bonne santé
  • « somaq», baies de sumac aux couleurs du lever du soleil et symbolisant la santé
  • « serkeh», vinaigre, signe de la patience et de l’âge
  • « sonbol», une fleure de jacinthe symbolisant l’arrivée du printemps
  • « sekkeh», une pièce, d’or ou non, signe de prospérité et de santé

Norouz-accordeonLa démonstration effectuée par Nahideh Anzalichi s’inscrit dans la mission de partage et de transmission qu’entreprend Femmes au-delà des mers, et ceci bien plus que dans la communauté ultramarine. Norouz fut donc pour nous l’occasion d’apprendre d’autres coutumes et de commencer une année associative riche en projet, du bon pied.

Paulette Nardal : « une intellectuelle entre engagement féministe et identitaire »

IMG_4468Le mercredi 24 octobre, à la Maison de la Vie Associative et Citoyenne du 16ème arrondissement, Femmes au-delà des Mers a reçu maître Catherine Marceline ainsi que des représentantes des clubs Soroptimist de la Martinique dans le cadre d’une table ronde autour de l’intellectuelle Paulette Nardal.

Devant une salle composée de membres de l’association Femmes au-delà des Mers, d’adhérents à des associations partenaires telles que Femmes Monde, de lauréats du concours de poèmes autour de Paulette Nardal et de personnes engagées dans la communauté ultramarine et la vie politique et civile parisienne, un échange fructueux s’est déroulé dans le but de promouvoir l’entrée au Panthéon de cette illustre martiniquaise.

Dans un premier temps, Gisèle Bourquin, et Katia Saint-Ruf ont présenté les actions de l’association FAM. Les principaux objectifs s’orientent vers la transmission du patrimoine privé et public, ainsi que la valorisation de femmes des Outre-mer.

Ont été mentionnées, entre autres, la publication régulière de portraits de femmes aux activités riches et variées et la réalisation d’une exposition à partir d’objets du patrimoine Matrimoine. Ces initiatives s’inscrivent dans une démarche de partage culturel que l’association incarne et ceci également à travers des moments de convivialité notamment lors de la rencontre autour de Paulette Nardal.

IMG_4444Après un tour de table où chacun des invités s’est présenté, maître Catherine Marceline a exposé le travail des Soroptimist et le parcours de Paulette Nardal. Ces clubs œuvrent pour une meilleure visibilité des femmes dans l’histoire, pour améliorer l’éducation des jeunes générations et développer un leadership féminin. Paulette Nardal en est l’incarnation véritable.
Tout d’abord, établir le portrait de cette femme de culture passe également par la mise en lumière de sa famille.

En effet, fille de Paul Nardal et de Louise Achille, Paulette Nardal naît dans une famille symbole de la bourgeoisie martiniquaise de la fin du 19ème siècle. Cette classe sociale rayonne par l’importance qu’elle accorde à l’éducation et le maintient d’une identité martiniquaise enrichissante.

Ainsi, des familles Nardal et Achille sont issus des intellectuels, des hommes et des femmes de lettres, des artistes, mais aussi des résistants et activistes sociaux. De ce cocon éducatif visant l’excellence, Paulette Nardal se dévoue aux sciences sociales et à un militantisme identitaire, féministe et politique : elle sera la première journaliste noire en France métropolitaine, notamment avec la Revue du Monde noir.

Précurseur du mouvement de la Négritude, par de nombreux échanges avec des intellectuels africains et afro-américains, elle œuvra pour une prise de conscience identitaire des peuples de la diaspora africaine. Elle s’engagera dans la résistance lors de la Seconde Guerre mondiale puis travaillera aux Nations-Unies.

IMG_4437Elle mènera un mouvement féministe pour l’avancée des droits des femmes en Martinique et mettra en lumière le patrimoine culturel et musical du folklore martiniquais. Tous ces efforts, ayant pour objectif de faire briller l’identité martiniquaise ainsi que celle la diaspora, fut motivés par l’amour de Paulette Nardal envers son île et son peuple.

Il s’agit donc des mêmes volontés qui animent les membres des clubs Soroptimist qui parcourent les établissements scolaires dans le but de faire connaître le personnage de Paulette Nardal.
A la fin de la présentation de Maître Marceline une discussion intéressante s’est déroulée avec l’audience, abordant la question du symbole que représente Paulette Nardal dans l’éducation de la jeunesse martiniquaise et ultramarine.
Si la décision finale d’entrer au Panthéon relève de l’autorité du Président de la République, le travail effectué par les clubs Soroptimist, ainsi que par l’association Femmes au-delà des Mers de par l’organisation de cette manifestation, témoigne surtout de la volonté de conserver, de valoriser et de partager la mémoire et le patrimoine des femmes des Outre-mer encore marginalisé.

Pour plus d’informations : www.paulettenardalaupantheon.com

Rencontre avec le Conseil des Femmes de Polynésie

conseil-des-femmes-de-polynesieLe jeudi 6 septembre 2018, Femmes au-delà des mers a eu le plaisir d’accueillir une délégation de 19 personnes du Conseil des Femmes de Polynésie Française (dont 8 présidentes d’association) avec les adhérents et sympathisants Femmes au-delà des Mers

Nous sommes heureuses de leur avoir permis de rencontrer des personnes de divers horizons : des écrivaines, des membres de la Coordination du lobby européen des femmes, des représentants de la fondation des femmes, de la fondation Engie, de la Mairie de Paris, etc…

La présidente du Conseil des Femmes de Polynésie, Chantal Galenon a donné quelques repères sur la Polynésie (118 îles réparties sur une surface équivalence à l’Europe, un peu moins de 300 000 Habitants, …). Puis elle a présenté les missions du conseil des femmes, ONG créée en 1982, regroupant 13 associations et plus de 10 000 membres : liens de solidarité entre ces associations, droit des femmes et de la famille, informer et former les individus sur leurs droits, défendre, soutenir et accompagner les femmes les plus vulnérables.

Chantal-GalenonGisèle Bourquin a montré les liens de Femmes au-delà des Mers avec la Polynésie et rappelé les travaux effectués dans ce sens notamment : 4 portraits de femmes polynésiennes, 2 conférences, le partenariat avec le film « Paroles de tapa ». Gisèle a également exprimé le désir d’intensifier la collaboration.

Parmi les projets évoqués à réaliser en commun : la journée internationale de la femme, un film sur les savoirs des femmes, la participation à la commission culture de la CLEF dont Femmes au-delà des Mers est membre.

Pour clôturer certaines ont pris des instruments, d’autres ont dansé et chanté et le public s’est joint à elles, les échanges se sont poursuivis autour du verre de l’amitié, qui en l’occurrence porte bien son nom

Cette belle manifestation démontre la pertinence de l’objectif de Femmes au-delà des Mers de créer des ponts entre les différentes régions d’outre-mer. L’atmosphère qui a présidé à cette réunion, le ton des échanges et la qualité des conversations prouvent qu’au-delà des mers le travail est profond et sérieux et que l’on sait partager.

FAM rencontre une délégation du Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie

(extrait du rapport MISSION D’EXPERTISE ET DE RAYONNEMENT CULTUREL, remis par la délégation
La rencontre avec la délégation de la Direction de la Culture, Condition Féminine et Citoyenneté  en MISSION D’EXPERTISE ET DE RAYONNEMENT CULTUREL ) a eu lieu au siège de Femmes au-delà des Mers à la maison des associations du 16ème.à Paris le 3 avril 201820180403_183302

La présidente Gisèle BOURQUIN a introduit l’échange puis la délégation a remercié pour l’invitation par un geste coutumier symbolique permettant de parler de la culture kanak et des réalités calédoniennes.

Elle a présenté l’association FAM dont les objectifs consistent à :
– développer un réseau d’échanges entre les personnes des collectivités d’Outre-mer, celles d’Hexagone et d’Europe, passerelle de savoirs liés aux femmes de la « planète Outre-mer ». – promouvoir un regard diversifié sur notre société en transmettant des valeurs, des cultures inscrites dans leur temps pour imaginer un futur plus partagé et une fierté de vivre ensemble.

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Les activités de FAM se déclinent autour du programme d’envergure Mémoire et Patrimoines, qui révèle et valorise le patrimoine matériel et immatériel des collectivités d’Outre-mer.
FAM organise des cycles de rencontres, colloques, manifestations (visites guidées d’expositions, projection de films) autour de l’Outre-mer mais toujours en résonnance avec l’actualité.

Mme GOPOEA est ensuite intervenue pour présenter le secteur de la culture, de la condition féminine et de la citoyenneté du GNC dont le bilan de la condition féminine en Nouvelle-Calédonie (cf. : annexe 1).

Les échanges avec le public se sont surtout établis sur la question du travail en partenariat avec la société civile (les autorités coutumières, les églises, le monde associatif, le monde syndical etc.).

En effet, en Nouvelle-Calédonie, la démarche est de travailler avec les hommes car l’amélioration des conditions de vie des femmes calédoniennes est un enjeu de société. Par exemple, l’évolution du droit coutumier doit se faire en travaillant avec les hommes.

La question des successions en terres coutumières doit être réfléchie avec les hommes. Sans cela, l’approche développée par le secteur de la condition féminine du GNC ne peut entraîner la réalisation pleine et entière de l’objectif de Bien-être. Cela pour mieux asseoir l’émancipation des femmes.

Les personnes présentes étaient surprises par la définition du rapport homme-femme dans la société kanak, les femmes françaises ont trouvé qu’il y avait une différence. En ce sens qu’il s’agit d’un rapport de fonctions à fonctions et non d’un rapport de force ou de compétition.

On leur explique que dans la société kanak chacun et chaque groupe de personnes a un rôle prédestiné à jouer dans l’équilibre social et chacun doit respecter l’autre dans son rôle propre pour atteindre cet équilibre. La colonisation avec ses lumières et ses ombres a entraîné, entre autre, un bouleversement des codes sociétaux kanak et donc une mutation des rôles.

La femme kanak ne revendique pas la place de l’homme ou une autre place que la sienne dans la société, elle revendique le respect de ses droits et de ses devoirs (son rôle). L’enjeu n’est pas le pouvoir, l’enjeu est le respect. L’équilibre est le but ultime.

Il y a, bien sûr comme dans toutes sociétés, des problèmes de violences, de discriminations à l’égard des femmes mais la question de l’égalité homme-femme doit se poser différemment que dans la société française. Ainsi, le secteur de la Condition Féminine du GNC ne procède pas par copié-collé de la Métropole. Et le modèle de rapport homme-femme kanak pourrait être envisagé dans les discussions sur l’égalité homme-femme en Nouvelle-Calédonie.

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Le combat des femmes pour l’égalité de droit est universel mais que veut dire universel ?
Le Vieux de Ponérihouen : un jour lors d’une Journée Internationale des droits des femmes, un Vieux a pris la Parole et il a dit à l’assemblée en s’adressant spécifiquement aux femmes :

« savez-vous pourquoi nous marchons devant vous lorsque nous nous rendons aux champs, ou pourquoi nous les hommes prenons la parole en public et que vous êtes en retrait ?
C’est parce que dans chacun de ces espace-temps il y a toujours le risque d’un danger, c’est vrai on ne sait jamais vraiment si un ennemi ne va pas surgir de nulle part sur la route des champs ou si l’on s’adresse à un ami ou à un ennemi lorsqu’on présente le geste coutumier. Nous devons être en première ligne pour parer aux mauvais coups car vous êtes plus importantes, vous êtes les garantes de la survie de nos traditions, c’est là votre noble fonction. »

La question calédonienne essentielle aujourd’hui est la suivante : qui est la femme calédonienne dans une société calédonienne en pleine mutation ? Quels sont les critères qui la définissent ? Quel est son rôle dans la construction du vivre ensemble ? Quelle est sa définition du bien-être ?

Tout le travail des femmes engagées consiste à faire émerger ces questionnements, ils existent des réponses, mais quelle réponse commune apporter dans une société qui se voudrait pluriculturelle ?

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Ainsi, le public a apprécié les échanges leur permettant de sortir du cliché « sous les cocotiers, on a l’impression qu’il n’y a rien qui se passe ». En effet, les personnes présentes ont félicité la qualité du travail effectué par le GNC, et sont étonnées qu’une petite île comme la NC soit alignée sur les mêmes enjeux que d’autres pays du monde.

FAM aux 23ème foulées d’Ile de France

L’association Femmes Au-delà des Mers a participé aux 23ème foulées d’Ile de France, France des Iles au Bois de Vincennes, le 1/07/2018. Cette manifestation culturelle et sportive, à l’initiative de Jacques Ambrosio, président d’Accolade, rassemble des gens de tous les horizons, sous la devise « Amitié, Solidarité, Responsabilité ». Cet événement stimulant, convivial, incarne « le vivre ensemble », valeur portée par Femmes Au-delà des Mers.

 

L’an prochain, Femmes Au-delà des Mers souhaite participer activement aux 24ème foulées d’IDF , avec une équipe portant les couleurs de l’association sur les distances de 5 et 10 km. Prêts et prêtes pour l’entrainement ? ….

 

Dans les outre-mer aussi, la honte doit changer de camp !

Une tribune de Gisèle Bourquin, présidente de Femmes au-delà des mers.

Parler des violences faites aux femmes, c’est soulever des questions douloureuses, souvent taboues, et c’est encore plus vrai dans les territoires d’outre-mer. Un rapport récent du Conseil Economique Social et Environnemental fait le point sur ces réalités qui doivent être regardées en face: oui, le volume des violences faites aux femmes est deux fois plus important en outre-mer que dans l’Hexagone.

En tant que femmes engagées, citoyennes d’outre-mer et de l’Hexagone, c’est notre rôle de souligner, sans le stigmatiser, cet intolérable état de fait.

Depuis plusieurs mois, les mentalités évoluent. Des milliers de femmes prennent la parole. Elles ont le courage de mettre des mots sur des violences cachées, subies, et bien réelles.

Grâce à elles, les vies de centaines de milliers d’autres ont pris un nouveau départ. Les réseaux sociaux sont depuis quinze ans à l’origine de profonds changements sociétaux dans le monde entier. Certains comportements sexistes qui paraissaient normaux sont remis en question. Bref ! Des révolutions s’opèrent dans les mentalités.

Nous voulons que les outre-mer bénéficient aussi de cette révolution. Dans les outre-mer, les mesures d’éloignement sont par définition plus difficiles à appliquer. Les victimes et leurs agresseurs vivent en vase clos, tout le monde se connait et s’observe. A l’acte d’agression s’ajoute la honte, la pression, le regard des autres, qu’on ne peut pas fuir.

Si les faits de violence envers les femmes, sexistes, sexuels ou psychologiques s’avèrent plus nombreux dans les territoires ultramarins, il faut en connaître les causes.

Les violences faites aux femmes concernent toutes les couches de la société. Néanmoins, le chômage, la pauvreté, la précarité sont des facteurs aggravants dans les faits de violences faites aux femmes, particulièrement en outre-mer.

Nous devons marteler que la femme en tant qu’individu est l’égale de l’homme. C’est un lieu commun, mais tout part de là. Nous devons déconstruire les stéréotypes sexistes qui sont ancrés dans l’inconscient collectif, et ce souvent depuis le plus jeune âge. La lutte contre les violences faites aux femmes n’est pas qu’un combat hexagonal !

Toutes les mesures nationales ont vocation à être déclinées dans les outre-mer, en prenant en compte les spécificités et les particularités de chaque territoire. Encore une fois, le « réflexe outre-mer » est essentiel. Dans le contexte d’insularité, la mise en sécurité des femmes victimes et de leurs enfants est rendu difficile par le manque de dispositifs de mise à l’abri. Il faut y remédier.

Face à l’insuffisance des structures d’accueil et d’hébergement, un véritable plan de rattrapage mobilisant l’ensemble des partenaires, état, collectivités territoriales, fonds privés de fondations et d’entreprises doit être mis en oeuvre.

La formation des professionnel-le-s, forces de sécurité, magistrats, médecins, chargé-e-s de l’accueil, du repérage et de l’accompagnement des femmes victimes doit faire l’objet d’une attention toute particulière.

Sur le terrain, dans chaque outre-mer, des acteurs et actrices de terrain sont investis chaque jour. Leur travail se passe loin des caméras, mais il permet d’agir en profondeur. Nous voulons leur rendre hommage pour leur courage et leur persévérance.

C’est par la mobilisation de toutes et tous que nous ferons reculer les violences faites aux femmes.

Lutter contre les violences faites aux femmes en punissant les auteurs des crimes est bien entendu indispensable. Mais la violence symbolique, les rapports de domination inscrits dans les mentalités, sont les racines du passage à l’acte. Il est fondamental de s’attarder sur la prévention, la lutte contre les stéréotypes, et ce dès le plus jeune âge.

Oui, dans les outre-mer aussi, la honte doit changer de camp !

Nos « portraiturées » évoluent !

portrait de Christiane Falgayrettes LeveauLors d’une interview vidéo réalisée par FAM, Christiane Falgayrettes Leveau, présidente de la fondation Dapper évoquait déjà les actions hors les murs effectuées par le musée au Sénégal. et dans la Caraïbe .
La Fondation Clément s’est associée à la Fondation Dapper pour ouvrir ses portes à l’exceptionnelle créativité d’artistes qui, hier comme aujourd’hui, témoignent de la richesse d’une Afrique plurielle. Jamais la Martinique, ni même plus largement la Caraïbe, n’ont auparavant accueilli une manifestation de ce type et de cette envergure. Cette exposition dont Christiane Falgayrettes-Leveau est la commissaire se tient à la fondation Clément au François en Martinique jusqu’au 6 mai 2018.
Femmes au-delà des Mers partage très intimement l’approche des fondations Dapper et Clément qui consiste à préserver, faire connaître et encourager le développement du patrimoine artistique en croisant à la fois art contemporain et art ancestral.
Femmes au delà des Mers rend hommage au travail accompli
video de FAM : http://www.femmesaudeladesmers.fr/portraits-de-femmes/ameriques/christiane-falgayrettes-leveau-3126
Lien sur : http://www.fondation-clement.org/Decouvrir-les-expositions/AFRIQUES-Artistes-d-hier-et-d-aujourd-hui-Exposition-Collective