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Célébration de Norouz durant l’assemblée générale du 22 mars 2019

NoraLe vendredi 22 mars, Femmes au-delà des mers a organisé une assemblée générale, occasion pour nous d’échanger concernant les différents projets à venir et de faire le bilan de 2018.

Nous tenons à remercier tous les membres présents ainsi que Madame Nahideh Anzalichi de nous avoir présenté Norouz, à savoir la célébration du Nouvel An et de l’arrivée du printemps en Iran lors de ce moment convivial.

Norouz vient du mot « no » signifiant « nouveau » et « rouz » en persan, signifiant « jour ». Norouz symbolise alors un « nouveau jour » où l’arrivée du printemps et du Nouvel An persique permet d’entamer en nouveau départ dans la vie. Lors de cette célébration sont installés sept objets dont le nom commence par la lettre S, ce sont « les sept S », ou « Haft Sîn ». Parmi ces sept éléments se trouvent :

  • « sabzeh», germes de blé poussant dans un plat et symbolisant la renaissance
  • « samanou», une pâte sucrée fait de blé germé et symbolisant l’abondance
  • « senjed», fruit séché du jujubier, symbolisant l’amour
  • « sîr», de l’ail représentant la médecine
  • « sîb», des pommes, signes de beauté et de bonne santé
  • « somaq», baies de sumac aux couleurs du lever du soleil et symbolisant la santé
  • « serkeh», vinaigre, signe de la patience et de l’âge
  • « sonbol», une fleure de jacinthe symbolisant l’arrivée du printemps
  • « sekkeh», une pièce, d’or ou non, signe de prospérité et de santé

Norouz-accordeonLa démonstration effectuée par Nahideh Anzalichi s’inscrit dans la mission de partage et de transmission qu’entreprend Femmes au-delà des mers, et ceci bien plus que dans la communauté ultramarine. Norouz fut donc pour nous l’occasion d’apprendre d’autres coutumes et de commencer une année associative riche en projet, du bon pied.

Paulette Nardal : « une intellectuelle entre engagement féministe et identitaire »

IMG_4468Le mercredi 24 octobre, à la Maison de la Vie Associative et Citoyenne du 16ème arrondissement, Femmes au-delà des Mers a reçu maître Catherine Marceline ainsi que des représentantes des clubs Soroptimist de la Martinique dans le cadre d’une table ronde autour de l’intellectuelle Paulette Nardal.

Devant une salle composée de membres de l’association Femmes au-delà des Mers, d’adhérents à des associations partenaires telles que Femmes Monde, de lauréats du concours de poèmes autour de Paulette Nardal et de personnes engagées dans la communauté ultramarine et la vie politique et civile parisienne, un échange fructueux s’est déroulé dans le but de promouvoir l’entrée au Panthéon de cette illustre martiniquaise.

Dans un premier temps, Gisèle Bourquin, et Katia Saint-Ruf ont présenté les actions de l’association FAM. Les principaux objectifs s’orientent vers la transmission du patrimoine privé et public, ainsi que la valorisation de femmes des Outre-mer.

Ont été mentionnées, entre autres, la publication régulière de portraits de femmes aux activités riches et variées et la réalisation d’une exposition à partir d’objets du patrimoine Matrimoine. Ces initiatives s’inscrivent dans une démarche de partage culturel que l’association incarne et ceci également à travers des moments de convivialité notamment lors de la rencontre autour de Paulette Nardal.

IMG_4444Après un tour de table où chacun des invités s’est présenté, maître Catherine Marceline a exposé le travail des Soroptimist et le parcours de Paulette Nardal. Ces clubs œuvrent pour une meilleure visibilité des femmes dans l’histoire, pour améliorer l’éducation des jeunes générations et développer un leadership féminin. Paulette Nardal en est l’incarnation véritable.
Tout d’abord, établir le portrait de cette femme de culture passe également par la mise en lumière de sa famille.

En effet, fille de Paul Nardal et de Louise Achille, Paulette Nardal naît dans une famille symbole de la bourgeoisie martiniquaise de la fin du 19ème siècle. Cette classe sociale rayonne par l’importance qu’elle accorde à l’éducation et le maintient d’une identité martiniquaise enrichissante.

Ainsi, des familles Nardal et Achille sont issus des intellectuels, des hommes et des femmes de lettres, des artistes, mais aussi des résistants et activistes sociaux. De ce cocon éducatif visant l’excellence, Paulette Nardal se dévoue aux sciences sociales et à un militantisme identitaire, féministe et politique : elle sera la première journaliste noire en France métropolitaine, notamment avec la Revue du Monde noir.

Précurseur du mouvement de la Négritude, par de nombreux échanges avec des intellectuels africains et afro-américains, elle œuvra pour une prise de conscience identitaire des peuples de la diaspora africaine. Elle s’engagera dans la résistance lors de la Seconde Guerre mondiale puis travaillera aux Nations-Unies.

IMG_4437Elle mènera un mouvement féministe pour l’avancée des droits des femmes en Martinique et mettra en lumière le patrimoine culturel et musical du folklore martiniquais. Tous ces efforts, ayant pour objectif de faire briller l’identité martiniquaise ainsi que celle la diaspora, fut motivés par l’amour de Paulette Nardal envers son île et son peuple.

Il s’agit donc des mêmes volontés qui animent les membres des clubs Soroptimist qui parcourent les établissements scolaires dans le but de faire connaître le personnage de Paulette Nardal.
A la fin de la présentation de Maître Marceline une discussion intéressante s’est déroulée avec l’audience, abordant la question du symbole que représente Paulette Nardal dans l’éducation de la jeunesse martiniquaise et ultramarine.
Si la décision finale d’entrer au Panthéon relève de l’autorité du Président de la République, le travail effectué par les clubs Soroptimist, ainsi que par l’association Femmes au-delà des Mers de par l’organisation de cette manifestation, témoigne surtout de la volonté de conserver, de valoriser et de partager la mémoire et le patrimoine des femmes des Outre-mer encore marginalisé.

Pour plus d’informations : www.paulettenardalaupantheon.com

Rencontre avec le Conseil des Femmes de Polynésie

conseil-des-femmes-de-polynesieLe jeudi 6 septembre 2018, Femmes au-delà des mers a eu le plaisir d’accueillir une délégation de 19 personnes du Conseil des Femmes de Polynésie Française (dont 8 présidentes d’association) avec les adhérents et sympathisants Femmes au-delà des Mers

Nous sommes heureuses de leur avoir permis de rencontrer des personnes de divers horizons : des écrivaines, des membres de la Coordination du lobby européen des femmes, des représentants de la fondation des femmes, de la fondation Engie, de la Mairie de Paris, etc…

La présidente du Conseil des Femmes de Polynésie, Chantal Galenon a donné quelques repères sur la Polynésie (118 îles réparties sur une surface équivalence à l’Europe, un peu moins de 300 000 Habitants, …). Puis elle a présenté les missions du conseil des femmes, ONG créée en 1982, regroupant 13 associations et plus de 10 000 membres : liens de solidarité entre ces associations, droit des femmes et de la famille, informer et former les individus sur leurs droits, défendre, soutenir et accompagner les femmes les plus vulnérables.

Chantal-GalenonGisèle Bourquin a montré les liens de Femmes au-delà des Mers avec la Polynésie et rappelé les travaux effectués dans ce sens notamment : 4 portraits de femmes polynésiennes, 2 conférences, le partenariat avec le film « Paroles de tapa ». Gisèle a également exprimé le désir d’intensifier la collaboration.

Parmi les projets évoqués à réaliser en commun : la journée internationale de la femme, un film sur les savoirs des femmes, la participation à la commission culture de la CLEF dont Femmes au-delà des Mers est membre.

Pour clôturer certaines ont pris des instruments, d’autres ont dansé et chanté et le public s’est joint à elles, les échanges se sont poursuivis autour du verre de l’amitié, qui en l’occurrence porte bien son nom

Cette belle manifestation démontre la pertinence de l’objectif de Femmes au-delà des Mers de créer des ponts entre les différentes régions d’outre-mer. L’atmosphère qui a présidé à cette réunion, le ton des échanges et la qualité des conversations prouvent qu’au-delà des mers le travail est profond et sérieux et que l’on sait partager.

FAM rencontre une délégation du Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie

(extrait du rapport MISSION D’EXPERTISE ET DE RAYONNEMENT CULTUREL, remis par la délégation
La rencontre avec la délégation de la Direction de la Culture, Condition Féminine et Citoyenneté  en MISSION D’EXPERTISE ET DE RAYONNEMENT CULTUREL ) a eu lieu au siège de Femmes au-delà des Mers à la maison des associations du 16ème.à Paris le 3 avril 201820180403_183302

La présidente Gisèle BOURQUIN a introduit l’échange puis la délégation a remercié pour l’invitation par un geste coutumier symbolique permettant de parler de la culture kanak et des réalités calédoniennes.

Elle a présenté l’association FAM dont les objectifs consistent à :
– développer un réseau d’échanges entre les personnes des collectivités d’Outre-mer, celles d’Hexagone et d’Europe, passerelle de savoirs liés aux femmes de la « planète Outre-mer ». – promouvoir un regard diversifié sur notre société en transmettant des valeurs, des cultures inscrites dans leur temps pour imaginer un futur plus partagé et une fierté de vivre ensemble.

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Les activités de FAM se déclinent autour du programme d’envergure Mémoire et Patrimoines, qui révèle et valorise le patrimoine matériel et immatériel des collectivités d’Outre-mer.
FAM organise des cycles de rencontres, colloques, manifestations (visites guidées d’expositions, projection de films) autour de l’Outre-mer mais toujours en résonnance avec l’actualité.

Mme GOPOEA est ensuite intervenue pour présenter le secteur de la culture, de la condition féminine et de la citoyenneté du GNC dont le bilan de la condition féminine en Nouvelle-Calédonie (cf. : annexe 1).

Les échanges avec le public se sont surtout établis sur la question du travail en partenariat avec la société civile (les autorités coutumières, les églises, le monde associatif, le monde syndical etc.).

En effet, en Nouvelle-Calédonie, la démarche est de travailler avec les hommes car l’amélioration des conditions de vie des femmes calédoniennes est un enjeu de société. Par exemple, l’évolution du droit coutumier doit se faire en travaillant avec les hommes.

La question des successions en terres coutumières doit être réfléchie avec les hommes. Sans cela, l’approche développée par le secteur de la condition féminine du GNC ne peut entraîner la réalisation pleine et entière de l’objectif de Bien-être. Cela pour mieux asseoir l’émancipation des femmes.

Les personnes présentes étaient surprises par la définition du rapport homme-femme dans la société kanak, les femmes françaises ont trouvé qu’il y avait une différence. En ce sens qu’il s’agit d’un rapport de fonctions à fonctions et non d’un rapport de force ou de compétition.

On leur explique que dans la société kanak chacun et chaque groupe de personnes a un rôle prédestiné à jouer dans l’équilibre social et chacun doit respecter l’autre dans son rôle propre pour atteindre cet équilibre. La colonisation avec ses lumières et ses ombres a entraîné, entre autre, un bouleversement des codes sociétaux kanak et donc une mutation des rôles.

La femme kanak ne revendique pas la place de l’homme ou une autre place que la sienne dans la société, elle revendique le respect de ses droits et de ses devoirs (son rôle). L’enjeu n’est pas le pouvoir, l’enjeu est le respect. L’équilibre est le but ultime.

Il y a, bien sûr comme dans toutes sociétés, des problèmes de violences, de discriminations à l’égard des femmes mais la question de l’égalité homme-femme doit se poser différemment que dans la société française. Ainsi, le secteur de la Condition Féminine du GNC ne procède pas par copié-collé de la Métropole. Et le modèle de rapport homme-femme kanak pourrait être envisagé dans les discussions sur l’égalité homme-femme en Nouvelle-Calédonie.

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Le combat des femmes pour l’égalité de droit est universel mais que veut dire universel ?
Le Vieux de Ponérihouen : un jour lors d’une Journée Internationale des droits des femmes, un Vieux a pris la Parole et il a dit à l’assemblée en s’adressant spécifiquement aux femmes :

« savez-vous pourquoi nous marchons devant vous lorsque nous nous rendons aux champs, ou pourquoi nous les hommes prenons la parole en public et que vous êtes en retrait ?
C’est parce que dans chacun de ces espace-temps il y a toujours le risque d’un danger, c’est vrai on ne sait jamais vraiment si un ennemi ne va pas surgir de nulle part sur la route des champs ou si l’on s’adresse à un ami ou à un ennemi lorsqu’on présente le geste coutumier. Nous devons être en première ligne pour parer aux mauvais coups car vous êtes plus importantes, vous êtes les garantes de la survie de nos traditions, c’est là votre noble fonction. »

La question calédonienne essentielle aujourd’hui est la suivante : qui est la femme calédonienne dans une société calédonienne en pleine mutation ? Quels sont les critères qui la définissent ? Quel est son rôle dans la construction du vivre ensemble ? Quelle est sa définition du bien-être ?

Tout le travail des femmes engagées consiste à faire émerger ces questionnements, ils existent des réponses, mais quelle réponse commune apporter dans une société qui se voudrait pluriculturelle ?

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Ainsi, le public a apprécié les échanges leur permettant de sortir du cliché « sous les cocotiers, on a l’impression qu’il n’y a rien qui se passe ». En effet, les personnes présentes ont félicité la qualité du travail effectué par le GNC, et sont étonnées qu’une petite île comme la NC soit alignée sur les mêmes enjeux que d’autres pays du monde.

FAM aux 23ème foulées d’Ile de France

L’association Femmes Au-delà des Mers a participé aux 23ème foulées d’Ile de France, France des Iles au Bois de Vincennes, le 1/07/2018. Cette manifestation culturelle et sportive, à l’initiative de Jacques Ambrosio, président d’Accolade, rassemble des gens de tous les horizons, sous la devise « Amitié, Solidarité, Responsabilité ». Cet événement stimulant, convivial, incarne « le vivre ensemble », valeur portée par Femmes Au-delà des Mers.

 

L’an prochain, Femmes Au-delà des Mers souhaite participer activement aux 24ème foulées d’IDF , avec une équipe portant les couleurs de l’association sur les distances de 5 et 10 km. Prêts et prêtes pour l’entrainement ? ….

 

Dans les outre-mer aussi, la honte doit changer de camp !

Une tribune de Gisèle Bourquin, présidente de Femmes au-delà des mers.

Parler des violences faites aux femmes, c’est soulever des questions douloureuses, souvent taboues, et c’est encore plus vrai dans les territoires d’outre-mer. Un rapport récent du Conseil Economique Social et Environnemental fait le point sur ces réalités qui doivent être regardées en face: oui, le volume des violences faites aux femmes est deux fois plus important en outre-mer que dans l’Hexagone.

En tant que femmes engagées, citoyennes d’outre-mer et de l’Hexagone, c’est notre rôle de souligner, sans le stigmatiser, cet intolérable état de fait.

Depuis plusieurs mois, les mentalités évoluent. Des milliers de femmes prennent la parole. Elles ont le courage de mettre des mots sur des violences cachées, subies, et bien réelles.

Grâce à elles, les vies de centaines de milliers d’autres ont pris un nouveau départ. Les réseaux sociaux sont depuis quinze ans à l’origine de profonds changements sociétaux dans le monde entier. Certains comportements sexistes qui paraissaient normaux sont remis en question. Bref ! Des révolutions s’opèrent dans les mentalités.

Nous voulons que les outre-mer bénéficient aussi de cette révolution. Dans les outre-mer, les mesures d’éloignement sont par définition plus difficiles à appliquer. Les victimes et leurs agresseurs vivent en vase clos, tout le monde se connait et s’observe. A l’acte d’agression s’ajoute la honte, la pression, le regard des autres, qu’on ne peut pas fuir.

Si les faits de violence envers les femmes, sexistes, sexuels ou psychologiques s’avèrent plus nombreux dans les territoires ultramarins, il faut en connaître les causes.

Les violences faites aux femmes concernent toutes les couches de la société. Néanmoins, le chômage, la pauvreté, la précarité sont des facteurs aggravants dans les faits de violences faites aux femmes, particulièrement en outre-mer.

Nous devons marteler que la femme en tant qu’individu est l’égale de l’homme. C’est un lieu commun, mais tout part de là. Nous devons déconstruire les stéréotypes sexistes qui sont ancrés dans l’inconscient collectif, et ce souvent depuis le plus jeune âge. La lutte contre les violences faites aux femmes n’est pas qu’un combat hexagonal !

Toutes les mesures nationales ont vocation à être déclinées dans les outre-mer, en prenant en compte les spécificités et les particularités de chaque territoire. Encore une fois, le « réflexe outre-mer » est essentiel. Dans le contexte d’insularité, la mise en sécurité des femmes victimes et de leurs enfants est rendu difficile par le manque de dispositifs de mise à l’abri. Il faut y remédier.

Face à l’insuffisance des structures d’accueil et d’hébergement, un véritable plan de rattrapage mobilisant l’ensemble des partenaires, état, collectivités territoriales, fonds privés de fondations et d’entreprises doit être mis en oeuvre.

La formation des professionnel-le-s, forces de sécurité, magistrats, médecins, chargé-e-s de l’accueil, du repérage et de l’accompagnement des femmes victimes doit faire l’objet d’une attention toute particulière.

Sur le terrain, dans chaque outre-mer, des acteurs et actrices de terrain sont investis chaque jour. Leur travail se passe loin des caméras, mais il permet d’agir en profondeur. Nous voulons leur rendre hommage pour leur courage et leur persévérance.

C’est par la mobilisation de toutes et tous que nous ferons reculer les violences faites aux femmes.

Lutter contre les violences faites aux femmes en punissant les auteurs des crimes est bien entendu indispensable. Mais la violence symbolique, les rapports de domination inscrits dans les mentalités, sont les racines du passage à l’acte. Il est fondamental de s’attarder sur la prévention, la lutte contre les stéréotypes, et ce dès le plus jeune âge.

Oui, dans les outre-mer aussi, la honte doit changer de camp !

Nos « portraiturées » évoluent !

portrait de Christiane Falgayrettes LeveauLors d’une interview vidéo réalisée par FAM, Christiane Falgayrettes Leveau, présidente de la fondation Dapper évoquait déjà les actions hors les murs effectuées par le musée au Sénégal. et dans la Caraïbe .
La Fondation Clément s’est associée à la Fondation Dapper pour ouvrir ses portes à l’exceptionnelle créativité d’artistes qui, hier comme aujourd’hui, témoignent de la richesse d’une Afrique plurielle. Jamais la Martinique, ni même plus largement la Caraïbe, n’ont auparavant accueilli une manifestation de ce type et de cette envergure. Cette exposition dont Christiane Falgayrettes-Leveau est la commissaire se tient à la fondation Clément au François en Martinique jusqu’au 6 mai 2018.
Femmes au-delà des Mers partage très intimement l’approche des fondations Dapper et Clément qui consiste à préserver, faire connaître et encourager le développement du patrimoine artistique en croisant à la fois art contemporain et art ancestral.
Femmes au delà des Mers rend hommage au travail accompli
video de FAM : http://www.femmesaudeladesmers.fr/portraits-de-femmes/ameriques/christiane-falgayrettes-leveau-3126
Lien sur : http://www.fondation-clement.org/Decouvrir-les-expositions/AFRIQUES-Artistes-d-hier-et-d-aujourd-hui-Exposition-Collective

Formation unité et diversité

journee-femmes-des-outre-merA l’initiative de Françoise Morvan présidente de la Clef et de Gisèle Bourquin, présidente de Femmes au-delà des Mers, une journée Femmes des outre-mer a eu lieu au siège de Femmes au-delà des Mers le samedi 3 février sur le thème : Unité et diversité.

Victoire Jasmin, sénatrice de la Guadeloupe nous a honorées de sa présence et a participé activement aux travaux, dans une atmosphère studieuse et conviviale avec des échanges riches.

Martine Lévy, administratrice de la Clef a posé le cadre géographique et juridique, Honorine Koenig a fait part de l’attitude des femmes wallysiennes face au réchauffement climatique. Françoise Morvan a fait écho du rapport du CESE sur les violences faites aux femmes dans les outre-mer et de l’avis de la CNCDH.

L’après-midi consacrée au Matrimoine, Françoise Morvan a donné lecture de la communication d’Erica Mancel Salino, présidente de l’Affdu Nouméa sur le Matrimoine et place des femmes dans la culture, Gisèle Bourquin a présenté le programme Mémoire et p/matrimoines de Femmes au-delà des Mers. Florence Alexis a présenté la richesse des langues et fait un focus sur le créole

En conclusion, cette diversité de cultures, langues est enrichissante et fondent l’identité de la nation.

Si vous voulez en savoir plus, adresser un mail à: femmesaudeladesmers@gmail.com

Monique Mérabet, la passion de l’écriture et du partage

Portrait en noir et blanc de Monique MérabetPoète, haikiste, conteuse, Sociétaire à la Société des Poètes Français, Monique Merabet est née en 1949 à la Réunion, et s’applique chaque jour à découvrir ce qui l’émerveille devant la beauté des petites choses qui tissent le bonheur du jour. Elle les partage lors d’ateliers avec les enfants et sur son blog poétique patpantin, avec des amateurs sensibles à la beauté et à l’harmonie. Elle distille ainsi une sève joyeuse de la poésie du monde, s’ingéniant à aider les plus jeunes attirés par le monde virtuel à découvrir qu’ils sont vivants. Monique Mérabet est un petit flambeau qui apporte sa lumière à notre société désenchantée. 

Ecrire, un mode de vie

Mon but, c’est d’être vraie, d’aller au fond des choses, de dire l’essentiel. J’étais une lectrice passionnée, sans avoir eu l’idée d’écrire : ça me dépassait, ce n’était pas à ma portée. Un jour, j’ai commencé à écrire des petites chansons, puis je me suis demandé pourquoi je n’écrirai pas vraiment quelque chose d’important. Dans ma vie, je vivais des choses difficiles ; j’ai écrit de la poésie, de fil en aiguille, c’était apprécié, puis je suis passée au conte, j’ai exploré l’écriture. Quand on n’a pas l’occasion de s’épancher, c’est une façon de dire sans passer par le pathos, ça évite de tomber, de ne pas baigner dans son malheur.

Ecrire permet la distance : tu es obligé de faire une analyse, à faire sortir des choses de toi et en même temps, de choisir, de réfléchir, de s’élever, de rebondir, c’est une vraie aide à la résilience.

Une poésie de l’instant

J’écris des haikus depuis 2005, le temps d’apprendre à écrire comme il faut. Ce qui a ancré mon envie, c’est la rencontre avec cette poésie d’origine japonaise et les éditions Liroli. Le haiku, c’est une philosophie de sagesse, de vie ; cela aide à vivre, on est dans le concret, le ressenti par les sens, on ne s’englue pas dans l’émotion. Ces petits poèmes parlent de la nature, tout en ne jouant pas sur les sentiments.

Je fais passer mon émotion par mon ressenti, ce que j’ai vécu, par quelque chose de concret. C’est bien reçu par le lecteur. On écrit le haiku avec le lecteur qui participe parce qu’il peut se réapproprier ce qui est dit, créer sa propre émotion. Aujourd’hui, c’est devenu essentiel. Tous les jours, j’écris un texte court qui mêle la prose, le haiku, ou d’autres poèmes courts comme ça vient. Ce qui me plaît, c’est de mélanger les différents types d’écriture, sous une forme plus ou moins poétique. Je me rends compte que j’ai abandonné l’écriture des poèmes réguliers, ça ne me correspond plus.

Un blog pour partager la poésie

Pour moi, l’écriture est un partage, sinon cela n’a pas d’intérêt d’écrire. Un écrivain réussi, c’est quelqu’un qui sait montrer ce qu’il ressent.

Il y a 7 ans il y a eu le début du Blog Patpantin, créé pour un groupe d’écriture dans l’association Laféladi, l’idée était de faire connaître ce qu’on a écrit, je l’ai complété avec mes productions. Il est devenu un support pour partager mes écrits. Des lecteurs me suivent, qui prennent la peine de me dire ce qu’ils en pensent. Une lectrice s’est accrochée à mon blog en me disant que ça lui apporte beaucoup, qu’elle a la possibilité de s’évader de ses problèmes en apprenant mieux à regarder autour d’elle des choses qui lui avaient échappées. Ça répond aussi à cette mission de partager,

Monique Mérabet parle dans un microLa beauté et le positif au menu de chaque jour

Je fais attention à ce que j’écris, j’évite le négatif. Je pense qu’un écrivain est responsable de ce qu’il écrit, qu’il donne à lire aux autres. Il faut faire attention, car on risque de blesser et d’offusquer quelqu’un. On peut suggérer les choses qui ne vont pas, sans mettre l’accent dessus. Je veux apporter du bonheur, ne pas désenchanter le monde, apporter de la lumière autour de moi, aider les lecteurs à regarder le monde avec émerveillement.

J’écris sur les choses qui sont belles, en me posant la question de ce qui est laid, mauvais… « Le mal c’est ce qui sort du cœur de l’homme », c’est au niveau des idées. Quand on coupe un arbre, on ne respecte pas la nature, mais quand on est dans la nature, on s’y inscrit, on s’y fond. Autre conception du beau, j’aime ciseler l’écriture avec des mots justes, faire attention à la forme. J’écris et je lis mes textes à haute voix, si la phrase cloche, cela s’entend. Il y a la beauté, dans la mesure de mes moyens, je tends à faire de la belle écriture, plus j’avance, plus je fais concis, je tends à des choses simples et belles. L’écriture ne doit pas rester dans le spontané. Pour moi, c’est une forme de liberté. 

L’enseignement, une philosophie de vie

De l’enseignement, j’ai retenu le bonheur. C’est un métier que j’ai choisi, aimé, j’ai enseigné les mathématiques. Je voulais apporter quelque chose aux autres. J’aimais mes élèves : j’avais une mission envers eux, une responsabilité de communiquer. Tu as toujours des échecs, mais tu fais passer quelque chose ; ce qui est formidable, ce n’est pas de leur apprendre, c’est d’arriver à leur rendre la chose intelligible. Dans toutes mes préparations, j’avais ce but ! Leur expliquer, afin qu’ils arrivent à intégrer le savoir. Je n’apportais pas une philosophie de vie, il fallait que je les prépare aux examens, vers un métier.

Je continue d’enseigner avec les ateliers d’écriture dans les médiathèques, les écoles… Il y a toujours des enfants qui sont plus attentifs que d’autres. Quelquefois, il arrive de façon inattendue qu’il prenne conscience de quelque chose qui l’éveille, et c’est magique.

Dans les ateliers sur le haiku ou le conte, il y a toujours le besoin et la nécessité de faire prendre conscience aux jeunes qu’ils vivent car ils sont souvent dans un monde artificiel, virtuel. Cela me tient à cœur, de faire mon possible pour les faire réagir, les faire accéder à l’environnement, aux besoins de leur corps. Ils ne savent pas ce qu’ils sont. C’est une mission importante si je peux faire passer ça, je le fais à travers la poésie. Pour moi-même cela a été une quête de trouver mon identité, de savoir qui j’étais, sinon, on passe à côté de la vie, on se laisse berner, emporter par tout. J’aimais à faire acquérir un esprit critique qui manque à notre monde, c’est important d’apprendre à se forger sa propre réalité, à être quelqu’un.

Contributions associatives

Sensible à toutes les formes de vie, à la différence, je contribue à des actions pour l’Association des Paralysés de France : je participe aux Cordées, échanges de mails avec un groupe de correspondants, valides et handicapés qui deviennent des amis.

Je propose des lectures auprès des déficients visuels via l’association Valentin Haüy (AVH), des animations à la Médiathèque ou des causeries sur un thème créole. En 2014, j’ai organisé une exposition des dessins de l’illustratrice de l’album « le chrysanthème de noël » pour un public non voyant et un atelier de tableaux tactiles…

L’Association pour « « l’Autobiographie et le Patrimoine », prolonge la mise en action de mon blog http://patpantin.over-blog.com sur lequel je publie une sorte de journal haïbun.

Mon intérêt pour la défense de l’environnement m’a amenée à aider la Société d’études ornithologiques de la Réunion (SEOR) et Greenpeace.

Un arrosoir au milieu des fleursMon objet préféré : un arrosoir

Je me suis rendu compte que chez moi, il y avait beaucoup d’arrosoirs en zinc, fabriqués par le ferblantier. C’est un objet qui est aussi lié à mon enfance. Ça me rappelle d’heureux souvenirs, les jardins d’antan. On n’utilisait que cet accessoire qui est en fait un outil écologique. On prenait la peine de le remplir, de le plonger dans le bassin. Pas de gaspillage d’eau qui était versée au pied de chaque plante et c’est tout. On respectait la nature.

C’est le symbole d’un monde ancien un peu perdu, de la sagesse avec parcimonie et patience. On prenait le temps d’arroser. Je compte le temps qu’il faut pour chaque plante, je vois, chacune d’elles en faisant le tour, sans cela, je n’aurai rien vu. Sinon, ça sert à quoi un jardin ?

Entretien par Isabelle Horao-Joly

BIBLIOGRAPHIE

    • Danse avec la nuit (Poésie, Prix Jules Ferry, Éditions Publibook 2001)
    • Contes à temps perdu (Éditions UDIR 2001)
    • Lambrequins et vieux bardeaux (Grand Prix de l’Océan Indien pour la Jeunesse 2003, Éditions ARS Terres créoles)
    • Balade à dos de nuage (Poésie bilingue Français/Créole en collaboration avec Huguette PAYET, Éditions Liroli 2006)
    • Mathifolades (Poèmes, Éditions Liroli, 2008)
    • Lunes (haïkus bilingues Français/Créole, Éditions Les ADEX, 2009 puis Éditions Surya 2010)
    • L’arbre chanson (Poésie, Prix Max Jacob de la Société des Poètes Français, Éditions Surya 2010, Prix de l’Association REGARDS)
    • L’île du non retour (Poésie, Éditions Surya, 2010)
    • Mésattente (Poésie, Éditions Flammes Vives, 2010)
    • Bouffées entremêlées (Poésie en collaboration avec le poète haïtien Jean Frantz PHILIPPE, Éditions REGARDS, 2011)
    • 3 feuilles sur la treille (haïkus, en collaboration avec Janick Belleau et Danièle Duteil, Éditions Liroli, 2012)
    • Le chrysanthème de Noël (Conte, Laféladi, 2014)
    • La tizane Manmzèl Kaline (Conte bilingue, Éditions ARS Terres Créoles, 2015)
    • Au bout de l’index (Haïkus, Éditions Liroli 2015)
    • Collaboration aux revues REGARDS, GONG la revue de l’Association Francophone de Haïkus, L’ÉCHO DE L’ÉTROIT CHEMIN, publication en ligne de l’Association Francophone des Auteurs de Haïbuns… Participation à des recueils collectifs de poésie, de haïkus, de haïbuns (aux Éditions Liroli, de l’Association Laféladi…)
    • Nouvelles de la Réunion (Éditions Magellan), Contes et croyances (Éditions UDIR 2015)

Theano Jaillet

Theano Jaillet était jusqu’en décembre 2016, directrice du musée de Tahiti. Cette femme au-delà des mers nous explique comment est née sa vocation de préserver et transmettre la culture polynésienne. Elle nous fait aussi découvrir quelques unes de merveilles qu’abrite le musée.