« Caledoun, Arabes et Berbères de Nouvelle-Calédonie, hier et aujourd'hui »

A l’Institut du Monde Arabe s’est tenue Caledoun, Arabes et Berbères de Nouvelle-Calédonie, hier et aujourd’hui , du 29 novembre au 04 décembre 2011 sur le thème des déportations d’Algérie et du Maghreb en Nouvelle-Calédonie au XIXe siècle.

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A l’initiative de  la ministre de la citoyenneté, de la culture et de la condition féminine calédonienne – Déwé Gorodey, cet événement a été organisé par la Maison de la Nouvelle Calédonie à Paris, en collaboration avec le commissariat de 2011, année des Outre-mer, la commune de Bourail, l’association des Arabes et amis des Arabes de Nouvelle-Calédonie, les trois Provinces et le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie.

Femmes au delà des mers a suivi avec intérêt cette manifestation au caractère exceptionnel, qui met en lumière, au cœur de Paris,  les liens méconnus entre la Nouvelle-Calédonie et de l’Algérie.

Une série de conférences et projections sur le même thème, se déroulant du 28 novembre au  1er décembre 2011.

Cette manifestation s’est clôturée par une projection et un débat autour du thème « Témoignages d’Hier et d’Aujourd’hui ». Julie Delem, journaliste calédonienne, nous en donne son ressenti, ci-dessous :

 


Une descendance « arabe » sous les cocotiers

 

L’archipel océanien peut parfois être une terre de souffrance. L’IMA s’est arrêté sur celle des anciens

forçats maghrébins, condamnés à l’exil en Nouvelle-Calédonie. Une conférence était organisée, jeudi 1er décembre, à l’occasion de l’exposition « Caledoun: Les Arabes de Nouvelle-Calédonie ».

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 » Aujourd’hui, on sait d’où l’on vient et l’on en est fiers! » Taïeb Aifa, maire au caractère bien trempé et fils de transporté kabyle, a ému, jeudi 1er décembre, le public rassemblé à l’Institut du monde arabe (IMA), à Paris. En marge de l’exposition « Caledoun: les Arabes de Nouvelle-Calédonie », l’organisme a proposé une conférence s’attachant à « mettre en lumière ce fragment ignoré de l’histoire »: Entre 1824 et 1897, plus de 2000 maghrébins sont condamnés aux travaux forcés et/ à l’exil en Nouvelle-Calédonie, alors terre de bagne française.

Coincés entre la misère et la douleur d’un retour impossible, certains de ces anciens forçats vont faire souche sur l’île du Pacifique et donner naissance à une descendance métissée. En présence de Déwé Gorodey, membre du gouvernement de la Nouvelle Calédonie, de Christophe Sand, archéologue, de Taïeb Aïfa, maire de la commune de Bourail, les historiens Mohamed El Korso, Daho Djerbal et José-Louis Barbançon sont revenus sur les contradictions d’un système colonial, la difficulté de faire survivre sa culture, et le défi de l’identité partagée.

Julie Delem


 

Quatre jours denses de découvertes réciproques et d’émotion. Des moments forts, en particulier, où la délégation kanak a « fait la coutume » pour demander l’autorisation de « venir sur la terre de l’IMA » et la coutume d’au revoir.

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Geste coutumier d’accueil

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Geste coutumier d’au revoir

Un bref descriptif :

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Entre 1864 et 1897, plus de 2000 personnes originaires du Maghreb, en très grande majorité des Algériens, sont déportés, transportés ou relégués en Nouvelle-Calédonie.

En Caledoun, nom que les  Algériens déportés donnèrent à la Nouvelle-Calédonie – la  suite de mariages mixtes avec des femmes d’origine européennes, kanak ou indonésiennes – une communauté dite « arabe » s’est enracinée et a prospéré.
Déplacés dans le lointain Pacifique, pris dans le maelstrom d’une histoire coloniale qui faisait d’eux des colonisés en Algérie mais des colons au regard du peuple kanak, ils ont survécu ou plutôt ont su mettre en place les stratégies de cette survie.
Leur histoire, la quête de leurs descendants pour retrouver leurs racines constituent une expérience humaine inédite et passionnante.

 

 

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